Sans jamais parvenir à s'aimer
Dans le cul de sac des sentiments sans fond, jaunis par trop d'absence, on tire la langue et on se déhanche sur la première venue. Fantôme du désir, vacant et boutonneux.
J'ai tout de même un peu l'impression de me répéter. Mais de quoi s'agit-t-il au juste ? D'un amour vagabond, d'une fleur volée, d'un épi de blé manqué, d'un bout de ciel en trop, d'un carreau mal placé dans la marelle de nos vies ?
On n'aurait pas pu s'imaginer autrement
De grâce en désespoirs, dans le tumulte des aléas, flocons d'avenir étiolé et étincelant à la fois. De bras embarrassés en bout de ficelles raccommodées, nous allons à même le vent.
J'voudrais pas qu'on s'quitte, qu'on s'éloigne d'un seul instant. Faudrait la terre entière pour nous accueillir. On accoucherait des soleils et on respirerait sans fin.
On n'est pas fait pour s'aimer
Mais on l'vaut bien quand même
T'es une vraie mappemonde avec tes airs de souris. Tu crois qu'c'est facile pour moi de m'laisser grignoter ainsi ? J'ai des courants d'airs sous mes aisselles.
Ca n'en finira pas cet écho sans limite. Les rimes se répètent. Tu nous imagines plutôt consonne ou voyelle, masculine ou féminine, pauvre ou riche ?
T'es une grande boîte à musique et moi j'suis les croches de silence interrompues.
A quoi bon aller à contre coeur
Un jour viendra où les fleurs porteront ton nom, où nos raisins feront du vin. Des galipettes, des pieds de nez, des équilibres douteux, des grands écarts trois quart, on va finir par s'assassiner.
A quoi bon aller à contre courant quant on est emporté de fond en comble. La rumeur est tempête et moi j'suis au centre du non lieu. C'est tout comme si j'étais la répétition d'une même prière usée, d'un don de soi dévolu aux pierres.
Je ne l'ai pas encore écrit : Je suis le renégat de l'amour. Je suis le pourtour d'un lasso sans fin, la borne infiltrée de toute part.
Je et Toi, c'est une longue histoire
Le temps d'une chanson, d'une page tournée, comment te dire, te retranscrire ta présence au bout des couloirs, dans la forme des visages, la courbure des lettres, les cierges allumés. Tout ce qui bouge sur terre offre une mémoire, un écho plein de chaleur.
Les yeux ouverts, les cheveux tirés, je te parle à toi. Tu as rencontré un coquillage solide et tout à fait sonore. En amont, en retrait, en cascade, tu finis toujours pas réapparaître.
J'ai pas fini de faire couler de l'encre pour te désigner
T'es plus qu'une série fourchue de points de suspension en chaîne. T'es une grue super haute à partir de laquelle j'peux voir tout plein de belles choses.
Pour parler de toi, faudrait mettre les mots en feu, fondre les glaces, transpirer la nuit et mourir jeune. J'ai eu beau couronner des déserts d'eau vive, j'suis pas parvenu à noyer mon chagrin. Tu restes là, planté en plein centre des repentirs.
Que c'est tenace et volatile notre histoire recomposée
On n'a pas fini de s'entendre parler de l'autre.
Amour trouble. Amour tourbe. Amour courbe. Amour fou. Amour doute. Amour route. Amour, Amour et encore Amour
On n'a pas fini de creuser dans les ressources de l'Amour.
Des chansons muettes, des roses défaites...


